Communication pour le changement social et comportemental (Communication for Social Change – CSC / Behaviour Change Communication – BCC )

On regroupe sous ces appellations les interventions utilisant des approches, techniques et outils de communication pour induire des changements jugés positifs au niveau des individus ou des groupes sociaux. En travaillant principalement sur l’information et la conscientisation des populations, mais aussi en promouvant le renforcement de leurs capacités, l’objectif est de provoquer un changement endogène : les individus et les groupes, grâce à l’évolution de leurs points de vue et à une plus grande estime de soi, changent leur comportement et leurs manières de faire.

Ces approches visent généralement à améliorer la vie des populations dans des domaines comme la santé, la nutrition, l’éducation, et d’autres secteurs sociaux clefs dans le quotidien des familles. Il s’agira par exemple d’inciter des communautés à participer à une campagne de vaccination contre la polio ;d’informer les populations sur les risques sanitaires et de les préparer aux bonnes pratiques quotidiennes contre la dysenterie ; de contribuer à l’augmentation du taux de scolarisation dans une région donnée ; de mener une campagne nationale contre les mutilations génitales ; etc.

La communication pour le changement social et comportemental se met le plus souvent en œuvre à moyenne ou à grande échelle (politique nationale, intervention sectorielle ou régionale, etc.). Le caractère ambitieux de ces interventions explique que les partenariats aux différents échelons territoriaux et avec différents acteurs sont une des clefs de leur réussite.

La différence entre la communication pour le changement comportemental (Behaviour Change Communication - BCC) et la communication pour le changement social (Communication for Social Change - CSC) tient à l’unité que l’on considère comme étant le berceau du changement : dans un cas, c’est l’individu qui est priorisé, avec son savoir, ses attitudes et ses pratiques. Dans l’autre, c’est la transformation de la société, des institutions ou des relations de pouvoir au sein des groupes qui doit permettre de résoudre les problèmes identifiés. Dans la pratique, de nombreuses campagnes mettent en œuvre une approche métissée s’appuyant sur ces deux entrées.


Enfants dans un village du Bas-Congo. Photo N. Montibert, © E-Sud

Notre vision

De telles interventions reposent sur des approches mixtes mêlant plaidoyer, mobilisation sociale, éducation au développement, renforcement des compétences et diffusion des innovations. Elles s’appuieront sur des canaux de communication multiples et variés (mass médias, communication interpersonnelle, de groupe, relais locaux, etc.). Elles doivent donc être finement planifiées et ancrées dans le réel.

La réussite d’interventions aussi complexes ne sera assurée que si elles sont dès l’origine considérées comme un processus fondamentalement participatif. Il s’agira avant tout d’écouter ;de comprendre les personnes, leurs représentations, leurs valeurs, leurs normes individuelles et collectives, leur spiritualité. Analyser avec eux leur situation, trouver ensemble des solutions, et les diffuser conjointement. Seul un processus actif peut permettre l’engagement. Or ce sont souvent les voix locales qui provoquent le changement.


Réalisation d’une vidéo participative, Cameroun. Photo V. Petit, © E-Sud

En pratique

La mise en œuvre d’interventions de communication pour le changement social et comportemental passe concrètement par la réalisation de diagnostics(de la situation étudiée et de la communication), la définition d’une stratégie et d’un plan de communication, leur mise en œuvre (par la création de contenus informatifs et d’outils de diffusion notamment), et par le suivi-évaluation destiné à mesurer la performance et l’impact des actions de communication, pour éventuellement les repenser et les réorienter. Toutes ces étapes supposent un très haut niveau de participation des différents acteurs.

Lors du déroulement de telles activités, une attention particulière doit être portée à certains points plus épineux tels que :

  • la conversion d’une information scientifique ou de comportements individuels et sociaux complexes en messages marquants, appropriés culturellement et religieusement, compréhensibles, voire divertissants
  • la création de nouveaux espaces de dialogue et l’implication de groupes marginalisés lorsqu’il s’agit, de changer les pratiques collectives
  • la mise en place d’un réseau d’acteurs locaux clefs (travailleurs communautaires, leaders d’influence, etc.) qui permettront d’avoir la proximité et de créer l’effet levier nécessaire à la réussite des actions
  • Etc.



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